jeudi 3 novembre 2011

Natura Animalium


Le vent faisait frémir les ombres à la surface de l’eau. Sous la brume végétale, des formes aquatiques se multipliaient doucement. D’un œil intéressé, des hérons édentés regardaient ces vies minuscules en train de se faire et de se défaire. Ils bougèrent à peine lorsque le cri familier d’une autre créature traversa le marais, soulevant un épais nuage de chauve-souris. Au détour d’un chemin tout proche, une femme oiseau était tombée nez à nez avec une carcasse encore animée de ses fantômes. Luttant contre l’envie de respirer plus profondément l’odeur du temps qui passe, elle faisait des pieds et des mains pour écarter cette vision de son champ. Elle s’éloigna rapidement, laissant le silence de la nature reprendre ses droits, dans l’attente d’une prochaine révélation.